EDDPCS

Education au Développement Durable, Préférences et Changement Social


Présentation générale du projet



En France, en écho au rapport Jouzel et en alignement avec le cadre européen, l’éducation à la transition écologique et au développement durable sera rendue obligatoire pour tous les étudiants de l’enseignement supérieur à partir de 2025. Ces programmes, qui couvrent des domaines clés tels que le changement climatique, la biodiversité et la gestion des ressources, sont conçus pour préparer les futurs acteurs capables de relever les défis sociétaux et environnementaux (note de cadrage du MESR, juin 2023). Notre recherche vise à mesurer l’efficacité de ces programmes dans la promotion d’un changement social et économique tangible. Ce projet s’inscrit à la confluence de l’économie, de la psychologie sociale et des sciences de l’éducation. Il a pour but d’évaluer et de décrypter les effets de l’éducation environnementale et au développement durable sur les individus et la société dans sa globalité. Nous adoptons une double perspective d’analyse : une dimension microsociale, via une approche psychosociale, et une dimension macrosociale, dans un cadre macroéconomique (voir schéma ci-dessous). Ces dimensions seront articulées autour de la notion de préférences sociales, qui se définissent par la volonté des individus de renoncer à des avantages matériels au profit du bien-être collectif, de la justice et de l’équité. Les individus dotés de préférences sociales ne se contentent pas de maximiser leur gain personnel, mais prennent également en compte le bien-être d’autrui. L’apport des sciences de l’éducation sera déterminant pour examiner la structure et la pertinence des programmes d’enseignement par rapport aux objectifs visés. Du point de vue psychosocial et éducatif, notre étude questionnera l’efficacité de l’éducation environnementale à accroître la conscience écologique, à promouvoir des comportements écoresponsables et à cultiver un altruisme bénéfique à l’action collective. Nous envisageons d’explorer les conséquences macroéconomiques de ces politiques éducatives à partir des observations réalisées au niveau microsocial.

D’un point de vue méthodologique, les principales méthodes déployées sont :

  1. une étude documentaire approfondie (études des chartes, documents de cadrage nationaux et locaux, rapports, etc.), afin de caractériser les programmes éducatifs développés.
  2. Des observations de certaines séances d’enseignement (les séances interactives) afin de repérer les dynamiques à l’œuvre durant les temps de formation.
  3. Des entretiens collectifs avec des étudiants à l’issue des formations afin de saisir la manière dont ils donnent sens et s’approprient les informations et savoirs présentés dans la formation.
  4. Des questionnaires auprès d’étudiants avant et après leur formation pour déterminer l’effet de ces formations sur différentes variables importantes pour prédire les comportements écologiques, et notamment les préférences sociales.
  5. La construction de modèles macroéconomiques pour analyserles implications de cette politique d’éducation à l’environnement et au développement durable à travers son impact sur les préférences sociales sur les décisions des agents économiques en termes de consommation, investissement et production.

Le schéma ci-dessous propose une synthèse des principales dimensions étudiées et des méthodologies déployées.


La méthode des questionnaires


Modalités de passation : Les questionnaires sont déployés dans plusieurs formations différentes et dans des groupes contrôles afin de comparer les effets de différents types de formation. Le même questionnaire est proposé avant (donc avant le démarrage des cours) et après la formation. Un lien vers le questionnaire est transmis aux étudiants via moodle. Après avoir pris connaissance des objectifs de l’étude et avoir été informé de la protection des données, les étudiants donnent leur accord pour participer. La durée moyenne est de 18 minutes. Les réponses sont récoltées via oTree et hébergé sur un serveur sécurisé. Afin de croiser les données des étudiants avant et après formation, un code unique et anonyme leur est demandé.

Dimensions mesurées : ces dimensions sont issues à la fois de notre pratique enseignante et de la littérature en psychologie sociale et économie comportementale. Les principales dimensions sont : niveau de connaissances, responsables perçus du changement climatique, les émotions ressenties face au changement climatique, le sentiment d’être collectivement en mesure de mettre en place des actions pour lutter efficacement contre le changement climatique, les stratégies de faire face mises en place (déni, recherche d’informations, etc.), les préférences sociales (don à une association ou gain personnel), les intentions de comportements pro-écologiques et les intentions professionnelles futures (prise en compte de la dimension écologique), variables sociodémographiques.

Résultats attendus : L’analyse des questionnaires, notamment la comparaison des données avant/après formation, permettra de mieux comprendre les effets de ces formations TEDS au niveau individuel (et au niveau collectif : modèles macro-économiques) sur les pratiques écologiques, les préférences sociales, mais aussi sur les émotions ressenties, les stratégies de faire face, et la volonté de prendre en compte ces enjeux dans la future insertion professionnelle. Par ailleurs, en comparant les réponses d’étudiants venant de différentes formations (reposant sur des principes pédagogiques différents) il sera possible de saisir les effets de différents dispositifs de formation (plus ou moins participatif, interactif, etc.), ce qui en retour permettra de nourrir les pratiques pédagogiques.