Expérimenter d’autres modes de scrutin le 22 avril 2012
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2002, 2007, 2012 : trois fois déjà une expérimentation de nouveaux modes de scrutin a été menée en France lors du premier tour des élections présidentielles. L’expérimentation de 2012 a été organisée par un groupe de chercheurs en sciences économiques, universitaires et CNRS, issus des Universités de Saint-Etienne, de Caen, de Strasbourg et de Polytechnique (contacts ci-dessous).
Il ne s’agit en aucun cas d’un sondage d’opinion. Cette expérience vise à mieux comprendre le fonctionnement des institutions démocratiques, à étudier les propriétés des procédures de décision collective ainsi que le comportement des électeurs face aux modes de scrutin.
Concrètement, le jour du premier tour des élections présidentielles le 22 avril 2012 dernier, d’autres modes de scrutin ont été proposés aux électeurs – le vote par note et le vote par approbation –, pour les tester dans plusieurs bureaux de vote. C’est avec l’aval des Préfectures, l’accord des élus et la coopération des municipalités et l’aide de nombreuses personnes que l’expérimentation a pu à nouveau être menée à Louvigny en Basse-Normandie, à Saint-Etienne en Rhône-Alpes et à Strasbourg en Alsace. La participation des électeurs, anonyme et sur la base du volontariat, a été sollicitée à la sortie des bureaux de vote des communes expérimentées. Deux bulletins de vote expérimentaux, des isoloirs et une urne de vote étaient à la disposition des électeurs pour leur permettre de voter dans les mêmes conditions que lors du vote officiel (plus de détails dans le dossier de presse). Le résultat des votes expérimentaux n’a bien évidemment aucune influence sur le résultat du vote officiel.
Les expérimentations précédentes ont d’ores et déjà donné lieu à de nombreuses publications, telles que des rapports publics au Centre d’Analyse Stratégique et des articles scientifiques. Les électeurs des bureaux expérimentés recevront bientôt une lettre décrivant les résultats expérimentaux de leur bureau. Les premiers résultats de cette expérimentation sont aujoud’hui disponibles sur ce site.
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Coordination de l’expérimentation
- Antoinette Baujard, CNRS et GATE L-SE, Université Jean Monnet
Adresse électronique : antoinette.baujard@univ-st-etienne.fr
Tel : 04 77 42 13 61
- Herrade Igersheim, CNRS et BETA, Université de Strasbourg
Adresse électronique : igersheim@unistra.fr
Tel. : 03 68 85 20 49
Contacts
- Saint-Etienne : Antoinette Baujard, Maître de Conférences et Chaire UJM CNRS « Economie du bien-être », Université Jean Monnet, antoinette.baujard@univ-st-etienne.fr
- Louvigny : Frédéric Gavrel et Isabelle Lebon, Professeurs des universités, Université de Caen Basse-Bormandie, frederic.gavrel@unicaen.fr et isabelle.lebon@unicaen.fr
- Strasbourg : Herrade Igersheim, Chargée de recherche CNRS, Université de Strasbourg, igersheim@unistra.fr
- Jean-François Laslier, Directeur de recherche CNRS, Ecole Polytechnique, Jean-Francois.Laslier@polytechnique.edu
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Les résultats de l’expérimentation
(Synthèse et compte-rendu téléchargeables ci-dessous)
L’expérimentation de modes de scrutins alternatifs menée le 22 avril 2012 lors du premier tour des élections présidentielles a permis de mettre en évidence un certain nombre d’observations :
- Il est possible de mener des expérimentations de modes de scrutin alternatifs à grande échelle. L’expérimentation a été globalement bien accueillie dans les cinq bureaux où l’expérimentation s’est déroulée, avec un taux de participation à l’expérience moyen d’environ 54,18% des votants du premier tour.
- Les modes de scrutin proposés, plus complexes que le scrutin uninominal à un ou deux tours, ont été en fait bien compris et utilisés par les électeurs. Cependant, quelques indices nous font penser qu’il ne faudrait pas augmenter la complexité du scrutin au-delà.
- 57,45% des électeurs qui ont accepté de participer à l’expérience ont précisé de manière anonyme quel était leur vote au scrutin officiel. Sur cet échantillon réduit, on a pu constater que l’électorat testé ne représentait exactement ni l’électorat de chacun des cinq bureaux de vote, ni l’électorat français. Nous avons donc corrigé le biais de participation et le biais de représentation nationale. Ces corrections permettent de calculer les résultats à l’échelle de la France pour nos modes de scrutin alternatifs, et donc de comparer des données de vote selon les différents modes de scrutin.
Le graphique ci-dessous permet d’un seul coup d’œil de comparer les résultats du premier tour des élections présidentielles sur la base des données corrigées. Pour chaque candidat (sur l’axe horizontal), on lit son classement selon les cinq modes de scrutin étudiés (sur l’axe vertical). Comme l’ordre d’apparition des candidats sur l’axe horizontal est celle de l’élection officielle, il est logique que la courbe représentative du classement officiel soit une droite (ici en bleu turquoise). Les variations autour de cette droite des autres modes de scrutin permettent de visualiser rapidement l’effet du changement de règle de vote sur le résultat de l’élection au niveau national, les préférences des électeurs étant données.

Une première série de conclusions porte sur les variations des classements et des résultats selon les modes de scrutin :
- F. Hollande arrive systématiquement et nettement en tête avec les modes de scrutin alternatifs testés. Par exemple, plus de 49 % des français seraient prêts à lui accorder leur approbation dans le vote par approbation.
- J. Cheminade arrive dernier et Nathalie Arthaud avant-dernière avec le vote officiel et tous les modes de scrutin testés.
- Les autres candidats voient leur place varier selon les modes de scrutin. Certains candidats sont en position plus favorable, alors que d’autres voient leur classement reculer fortement.
- Les candidats qui sont favorisés par le scrutin uninominal officiel sont ceux dont les courbes de classements expérimentaux se situent en-dessous de la courbe du classement officiel. C’est le cas de Marine Le Pen, de Nicolas Sarkozy et de Nicolas Dupont-Aignan, qui apparaissent ici favorisés par le scrutin uninominal. Par exemple, Nicolas Sarkozy reste deuxième avec le vote par approbation mais passe troisième ou quatrième avec les différentes modalités du vote par note. Autre exemple, Marine Le Pen qui est troisième selon le scrutin officiel, passe cinquième avec le vote par approbation et le vote par note (0,1,2), sixième avec le vote par note (0,…,20) et huitième avec le vote par note (-1,0,1).
- D’autres candidats obtiennent un résultat plus favorable avec les scrutins plurinominaux testés. En particulier, le fait que les classements d’Eva Joly, de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon progressent nettement avec les votes expérimentaux, signifie qu’ils bénéficient d’une adhésion importante de l’électorat, contrairement à ce qui ressort du résultat du scrutin officiel. Par exemple, plus de 39 % des électeurs seraient prêt à accorder leur approbation à F. Bayrou et à J.-L. Mélenchon et près de 27% à E. Joly.
Une deuxième série de conclusions concerne les propriétés des modes de scrutin :
- Il y a une différence importante entre les résultats du scrutin uninominal à deux tours officiel et ceux des scrutins plurinominaux testés. En revanche, on voit nettement que, si certaines échelles de note renforcent les écarts, les différentes règles plurinominales testées conduisent à des tendances globalement similaires.
- Le scrutin uninominal à deux tours officiel crée un fort effet de polarisation sur certains « gros » candidats. Il faut donc prendre garde à ne pas considérer que les résultats du vote exprimés en pourcentage reflètent une adhésion des électeurs de même ampleur. Par exemple, le fait que 17,90 % des électeurs aient voté pour Marine Le Pen et que 2,31 % d’entre eux aient voté pour Eva Joly ne signifie pas que moins de 20 % des électeurs apprécie M. Le Pen ou moins de 3 % E. Joly. Les chiffres d’approbation obtenus lors de l’expérimentation révisent, parfois nettement, ces appréciations à la hausse : M. Le Pen et E. Joly bénéficient en effet chacune d’approbations de la part d’environ 27 % des électeurs.
- Le scrutin uninominal à deux tours officiel semble favoriser des candidats clivants au détriment de candidats plus consensuels, mais dont les électeurs anticipent que leurs chances de gagner sont moins grandes. Cela découle de deux types de mécanismes : d’une part, le fait que les électeurs doivent faire un choix unique plutôt que d’exprimer leur avis sur chacun des candidats ; et d’autre part, la pression du vote stratégique.
Une troisième série de conclusions concerne les comportements des électeurs :
- Les électeurs qui ont participé à l’expérimentation ont utilisé pleinement les possibilités d’expression nuancées que leur donnaient les modes de scrutin alternatifs. Dans le vote par approbation, les participants à l’expérimentation ont approuvé environ 2,72 candidats sur les 10 plutôt qu’un seul. Dans le vote par note, par exemple, les électeurs stéphanois ont accordé la note intermédiaire 1 sur 2 dans 24 % des cas, et les électeurs strasbourgeois des notes entre 7 et 13 sur 20 dans 26 % des cas.
- La pression au vote utile qui est induite de façon très importante par le scrutin uninominal à deux tours officiel semble nettement atténuée avec les modes de scrutin alternatifs testés.
Il ressort de cette expérimentation que le mode de scrutin, quel qu’il soit, ne constitue jamais une méthode neutre pour désigner le vainqueur qui s’imposerait au peuple français par l’évidence incontestable d’un calcul mathématique. Au contraire, le choix d’un mode de scrutin façonne la démocratie dans laquelle nous vivons. Nos recherches visent à comprendre comment.
Télécharger les résultats
- Compte-rendu de l’expérimentation à Strasbourg Salle de la Bourse, 2 pages, version pdf, 134 Ko
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D’autres expérimentations de vote en 2012
Autres expérimentations de vote
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Expérimentations précédemment menées en France sur les modes de scrutin, Publications représentatives
- Expérimentation 2012 du vote par approbation et du vote par note (Baujard, Gravel, Igersheim, Laslier et Lebon)
- Baujard, A., F. Gavrel, J.-F. Laslier, H. Igersheim and I. Lebon. Vote par approbation, vote par note : Une expérimentation lors des élections présidentielles du 22 avril 2012. Revue Economique, [Vol. 64, n ̊ 2, 2013 : 345-356 - > http://www.cairn.info/resume.php?ID...].
- Who’s favored by Evaluative Voting ? An experiment conducted during the 2012 French Presidential Election.
with Frédéric Gavrel, Herrade Igersheim, Jean-François Laslier, Isabelle Lebon,
Cahier de l’Ecole Polytechnique, Vol. 2013-5.
- Expérimentation 2007 du vote par approbation et du vote par note (Baujard et Igersheim)
- Baujard, A. et H. Igersheim. « L’expérience du vote par note. Expérimenter des modes de scrutins différents ». In « Organiser l’expression citoyenne. Pratiques électorales, déroulement des scrutins, technologies du vote. Un dimanche au bureau de vote. Actes du colloque du 5 avril 2007 », Rapports et documents du Centre d’Analyse Stratégique, n°10-2007 : 48-53 et 60-62, La Documentation Française.
- Baujard, A. et H. Igersheim. « Expérimentation du vote par note et du vote par approbation lors des élections présidentielles françaises du 22 avril 2007. Premiers résultats. » Pré-rapport au Centre d’Analyse Stratégique, juin 2007.
- Baujard, A. et H. Igersheim. « Expérimentation du vote par approbation et du vote par note lors des élections présidentielles françaises du 22 avril 2007. Analyses. Rapports et documents du Centre d’Analyse Stratégique, en ligne sur le site du CAS (289 p.), décembre 2007.
- Baujard, A. et H. Igersheim. « Expérimentation du vote par note et du vote par approbation le 22 avril 2007. Premiers résultats. » Revue Economique, Vol.60, n°1 : 189-201, janvier 2009.
- Baujard, A. et H. Igersheim. « Framed-Field experiments on approval voting in the political context. Some teachings », in Remzi Sanver et Jean-François Laslier (eds.), Handbook on Approval Voting. Heidelberg : Springer, Ch. 15 : 537-395, 2010.
- Baujard, A. et H. Igersheim. « A Framed-field experiment on Approval voting and Evaluation voting », in Bernard Grofman, Annie Laurent et Bernard Dolez (eds.), In situ and Laboratory Experiments on Electoral Law Reform : French Presidential Elections, Heidelberg : Springer, Series Studies in Public Choice 25, Ch.4 : 69-89, 2011.
- Baujard, A. H. Igersheim et Th. Senné. « An analysis of the political supply in the 2007 French Presidential election based on framed-field experimental data ». Les Annales d’économie et statistiques, n°101-102 : 149-186, 2011.
- Baujard A. et H. Igersheim. « Reconstructing preferences in a voting context. Some clues from experimental data on voting rules », in Ragip Ege and Herrade Igersheim (eds.), Freedom and Happiness in Economic Thought and Philosophy : From Clash to Reconciliation, Routledge. Ch.17 : 273-291, 2011.
- Expérimentation 2007 du jugement majoritaire (Balinski et Laraki)
- Balinski M. and R. Laraki. « Election by Majority Judgement : Experimental Evidence ». Cahier du Laboratoire d’Econométrie de l’Ecole Polytechnique 2007-28. In Bernard Grofman, Annie Laurent et Bernard Dolez (eds.), In situ and Laboratory Experiments on Electoral Law Reform : French Presidential Elections, Heidelberg : Springer, Series Studies in Public Choice 25, Ch.2, 13-54, 2011.
- Expérimentation 2007 du vote unique transférable (Farvaque, Jayet et Ragot)
- Farvaque, E. H. Jayet and L. Ragot. « French Presidential Election : A filed experiment on the single transferable vote » In Bernard Grofman, Annie Laurent et Bernard Dolez (eds.), In situ and Laboratory Experiments on Electoral Law Reform : French Presidential Elections, Heidelberg : Springer, Series Studies in Public Choice 25, Ch.3, 55-68, 2011.
- Expérimentation 2002 du vote par approbation (Balinski, Laraki, Laslier, Van der Straeten)
- Laslier, J.-F. et Van der Straeten K. « Analyse d’un scrutin d’assentiment », Quadrature 46 : 5-12, 2002.
- Laslier J.-F. et Van der Straeten K. 2004, « Vote par assentiment pendant la présidentielle 2002 : analyse d’une expérience », Revue Française de Science Politique 54 : 99-130, 2004.
- Laslier, J.-F. et Van der Straeten K. « A live experiment on approval voting », Experimental Economics 11 : 97-105, 2008.
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Les média en ont parlé (liste non-exhaustive) :
- Information locale. Loupy, L’actualité trimestrielle de Louvigny. Février 2012, n°46, p. 3.
- Radio. Le billet Politique d’Hubert Huertas, Les matins de France Culture, 24 février 2012
Note : Cette expérimentation n’a vocation à soutenir aucun candidat, pas plus qu’elle n’est capable de prévoir qui aurait effectivement gagné les élections si le mode de scrutin avait été différent. En effet, nous avons montré par ailleurs qu’un changement de scrutin aurait eu pour conséquence un paysage politique et des préférences électorales différents, aussi le résultat expérimental ne dit-il pas qui aurait pu être élu.
- Radio. Chronique de Corinne Fugler, France Bleu Alsace, 27 février 2012.
- Presse. Lettre d’information de l’InSHS du CNRS. n°16, pp. 12-13, mars 2012.
- Presse. Savoir(s). Le magazine d‘information de l’Université de Strasbourg. N°14, Avril 2012, p. 4.
- Radios. Activ’Radio / Scoop FM / Cherie FM / NRJ / RCF Saint-Etienne / Virgin Radio / Top Music. Brève Information. 20 avril 2012.
- Radio. France Bleu Basse-Normandie, Journal 7h40, 23 avril 2012.
- Presse écrite. Journal 20 minutes, Edition nationale, « Scrutin. 44 millions d’électeurs et autant de façon de voter », Vincent Vantighem, 23 avril 2012.
- Radio. Radio Nova, Journal, 6h-9h, 27 avril 2012.
- Télévision. France 3 Alsace, Journal 19/20 (10’56’’), 25 juin 2012.
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Remerciements :
Merci aux 2 340 participants des expérimentations de Louvigny, Strabourg et Saint-Etienne qui ont accepté de tester le vote par approbation et le vote par note, ainsi que les 11 539 participants de l’expérimentation votedevaleur et les 11 532 participants de l’expérimentation voteaupluriel.
Nous souhaitons ici remercier les Préfectures ains que, dans les mairies, les élus et les employés des services élections qui nous ont permis d’organiser les bureaux expérimentaux à Louvigny, à Strasbourg et à Saint-Etienne.
- Tout particulièrement à Louvigny : Jacques Chapelière, Patrick Ledoux, Noëlle Houssin.
- A Saint-Etienne : Jacques Dessagne, Daniel Szmerendera, Chrystel Fournet, Michel Royon et Maurice Vincent ainsi que l’équipe de l’école maternelle de la Terrasse.
- A Strasbourg : Robert Hermann, Isabelle Hissler, Daniel Payot, Roland Ries.
Nous remercions également tous les volontaires qui ont donné de leur temps pour l’organisation concrète de l’expérimentation le jour du 22 avril ainsi que pour le dépouillement.
- Tout particulièrement, à Saint-Etienne : Bernard Barbaroux, Nicolas Barbaroux, Michel Bellet, Soledad Beudon, Claire-Lise Blin, Matthieu Boucherat, Christophe Bravard, Kévin Brun, Gérald Chatagnon, Magali Chaudey, Marion Dessertine, Mostapha Diss, Nelly Exbrayat, Sylvie Grenier, Sène Hassan, Aymeric Lardon, Sylvaine Laulom, Olivier Leclerc, Sylvia Llorca, Nathalie Merley, Benjamin Montmartin, Stéphane Riou, Géraldine Rochedix, Malick Seck.
- A Caen : Christelle Passera-Leclerc, Agnes Marie, Elin Le Cleac’h, Aline Jamard, Vanessa Adaire, Anaïs Banse, Emeline Gargannec, Leslie Belle, Lyudmila Ivanova, Mathilde Aubry, Ilham Dkhissi, Jean-François Maguet, Ahmed Haidara, Sylvain Ouattarra, Clément Dupecher, Hélène Marie, Christel Osaer, Juliette Langlais, Thibault Langlais, Jean Bonnet, Daniel Danau, Jean-Pascal Guironnet, Muriel Gilardone, Sophie Lecostey, Vincent Merlin, Cécile Lecorroller, Yukio Koriyama, Bora Erdamar, Alda Kabre, Allison Koriyama, Jean-François Laslier, Sébastien Courtin, Maurice Salles.
- A Strasbourg : Ragip Ege, Sylvie Rivot, Isabelle Terraz, Philippe Gillig, Monique Flasaquier, David Boccara, Pierre Froehlig, Christèle Cheutin, Camara Abdoulaye, Pierre Dorffer, Martine Tutin, Imane Aissani, Hanane Bensalan, Naoko Nakajima, Chloris Gondouin, Laura La Placa, Christine Mengus, Assomption Padonou, Françoise Cire, Marie-Clémence Perez, Vharsha Ramchurn, Shakenour Akter.
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Last update : March, 2013
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